Non classé – Centre Colibri https://centre-colibri.ch La santé, c’est un esprit sain dans un corps sain Wed, 08 Jul 2026 15:39:13 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.5.8 https://centre-colibri.ch/wp-content/uploads/2021/05/picto-colibri-vert-150x150.png Non classé – Centre Colibri https://centre-colibri.ch 32 32 Sensible Medical insurance Preparations https://centre-colibri.ch/sensible-medical-insurance-preparations/ Wed, 08 Jul 2026 15:38:55 +0000 https://centre-colibri.ch/?p=1090 ghstbuyer 080726 Mandating this type of extremely important health and fitness benefits guarantees complete coverage for those and you may household, dealing with the diverse health care requires. These types of benefits tend to be emergency characteristics, maternity and you may newborn proper care, psychological state and you can compound fool around with sickness features, prescribed drugs, and a lot more. The marketplace  provides multiple choices to be sure medical insurance is accessible and you can affordable to have many anyone.

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Sensible Medical insurance Preparations https://centre-colibri.ch/sensible-medical-insurance-preparations-2/ Wed, 08 Jul 2026 13:39:07 +0000 https://centre-colibri.ch/?p=1092 ghstbuyer 080726 Mandating this type of extremely important health and fitness benefits guarantees complete coverage for those and you may household, dealing with the diverse health care requires. These types of benefits tend to be emergency characteristics, maternity and you may newborn proper care, psychological state and you can compound fool around with sickness features, prescribed drugs, and a lot more. The marketplace  provides multiple choices to be sure medical insurance is accessible and you can affordable to have many anyone.

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Coronavirus, l’embrasement de la psyché du monde https://centre-colibri.ch/coronavirus-linvisible-ennemi-2/ https://centre-colibri.ch/coronavirus-linvisible-ennemi-2/#respond Fri, 21 May 2021 15:06:22 +0000 http://centre-colibri.ch/?p=426 La crise du COVID 19 fera date dans l’histoire de l’humanité.

On pourra reprocher à cette affirmation d’être une inflation malsaine de plus d’une réalité difficile et de surfer opportunément sur un effet de mode catastrophiste, les médias comme les gouvernants nous abreuvant de chiffres et de nouvelles alarmistes. Le coronavirus n’est pourtant pas « en soi », pour l’instant, un drame qui marquera à ce point l’histoire du monde : de la peste noire aux grandes famines, en passant par les guerres mondiales, l’espèce humaine a affronté bien pire, traversé des catastrophes autrement plus marquantes. C’est bien là la particularité de la crise actuelle. Plus que des conséquences sur la santé, le coronavirus entraine des inflations, des embrasements ou des décrochages (pertes de repères) dans tous les domaines, à un niveau d’intensité jamais observé dans l’histoire moderne. Ce sont ces embrasements qui feront date dans l’histoire de l’humanité, tant pour leur profondeur en terme qualitatif, certains délires allant très loin et prenant des formes extrêmes, que pour son inédite couverture quantitative, le monde entier y étant pris. En tout cas, date ils devraient faire, si nous voulons tirer les enseignements utiles et même vitaux, de cette situation : d’autres virus et d’autres problèmes inattendus se présenteront et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes incapables de réagir de manière efficace, pensée et pondérée. D’autant plus que le covid 19, s’il secoue toute la planète sur un plan politique et médiatique propre à nous apprendre beaucoup en tant que groupe social, secoue aussi les corps, les individus d’une façon, j’ose le dire, également riche de sens. Je propose donc ici une analyse macro du phénomène qui frappe la communauté humaine, avant de regarder à l’envers dans les jumelles et de faire une observation plus micro, au niveau du vécu individuel qu’impose cette maladie. La force de cette crise, le génie de cette affection, c’est qu’elle nous dit la même chose dans les deux cas, comme pour tenter de nous réveiller « par les deux bouts », en stéréo. Pour finir, je détaillerai certaines modalités de réponse trouvées à cette problématique, modalités proposées ou imposées aux peuples (macro encore) mais nécessitant l’adhésion des individus (micro). Au risque de gâcher le suspens, de « spoiler » la fin de cet article, là encore, la symétrie des formes est totale… ce qui n’est pas nécessairement rassurant.

Plan macro : la société

Le psychanalyste que je suis apprécie tout particulièrement le parallélisme des formes, surtout au niveau symbolique ou, pour le dire autrement, lorsque des réalités différentes présentent en fait, dans leurs modalités fondamentales, des mécaniques strictement identiques. Ces correspondances permettent de trouver et de saisir un sens plus profond des choses… là où le sens fait cruellement défaut. Et c’est le cas avec le covid 19 qui, si l’on s’autorise à sortir de la peur et à penser, s’avère bien moins dangereux qu’annonciateur d’une vérité fonctionnelle simple : ce que ce pathogène donne à vivre au monde entier ressemble à ce qu’il fait vivre à l’individu qui l’attrape. Quand je dis « bien moins dangereux », je sais que certains auront une réaction courroucée et m’accuseront d’irresponsabilité dans mes propos. Pourtant, la réalité des faits confirme cette assertion : on ne meurt pas du coronavirus « en lui-même ». La charge virale des personnes décédées dans les services de réanimation (ou ailleurs, en institutions spécialisées comme à domicile) est nulle ou quasi nulle. Le covid 19 est un révélateur de mauvais état de santé, que ce soit pour cause naturelle, comme un âge avancé, ou en raison des paysages pathologiques préexistants. Ces comorbidités, comme le cancer, le diabète ou encore l’obésité ne sont clairement pas améliorées par notre cher virus… mais ce n’est pas lui qui les provoque. Et ceux qui ne sont pas décédés d’une maladie qu’ils avaient déjà, le sont à cause de la sur-réaction de leur système immunitaire. Orage ou tempête cytokinique, ou encore choc cytokinique sont les termes médicaux qui décrivent une hyper-inflammation généralisée de l’organisme dû à la libération excessive par l’organisme de cytokines. Les cytokines sont des protéines qui portent divers messages dans l’organisme afin d’activer certaines réponses des cellules. Dans le cas de notre COVID, les cytokines concernées sont inflammatoires et elles provoquent la production de globules blancs, c’est-à-dire une réponse exagérée et inadaptée du système immunitaire. En d’autres termes, ce qui tue les malades du coronavirus, ce n’est pas le virus en lui-même, mais la réponse immunitaire de leur propre corps. Comme une réaction en chaine, comme un effondrement de dominos, le système immunitaire attaque son propre organisme, alors que le virus a pratiquement disparu et que le corps ne lutte plus qu’avec son propre dérèglement… et, à ce stade avancé de la maladie, perd souvent ce combat contre lui-même. Il y a certes d’autres manifestation létales particulières qui existent dans le paysage de cette maladie nouvelle (thromboses ou embolies pulmonaires, notamment), mais qui sont liées ou aggravées par cette réaction immunitaire disproportionnée.

Sur le plan sociétal, on observe exactement la même chose. Comme le système immunitaire échappant au contrôle d’un cerveau paniqué et d’un système nerveux désorienté, la réponse de nos élites se fait elle aussi en dérapage incontrôlé. Les gouvernements occidentaux confinent, asphyxiant la société et l’économie aussi bien qu’une embolie pulmonaire étouffe le patient. Le dépistage d’autres maladie, plus graves celles-là, comme le cancer ou les pathologies cardiovasculaires est quasiment à l’arrêt, tout comme le traitement des personnes déjà diagnostiquées. Pour ces cas, le pronostic vital est bien souvent engagé, même pour les individus jeunes, ce qui n’est pas le cas avec le covid, dont l’âge moyen des victimes est au dessus de 80 ans. Une vague de décès et de graves complications est ainsi déjà attendue pour les années à venir, par tous les spécialistes de ces domaines médicaux sensibles. Le système de soin se détourne de ces nécessités essentielles pour s’enflammer et se focaliser sur du secondaire. Quand l’immunité d’un malade du cancer sur réagit à l’inflammation respiratoire due au virus, elle commet la même erreur de cible.

En tant que psychanalyste, je peux par ailleur témoigner d’une violente dégradation de l’état psychologique général des gens : la peur et la paranoïa montent, d’une part à cause des discours alarmistes que les individus finissent par croire, mais avant tout au regard de l’incohérence flagrante dans les annonces étatiques comme dans les mesures prises. Que l’on soit optimiste ou pessimiste, complotiste ou citoyen modèle en rang d’oignon derrière son gouvernement, l’incohérence frappe à égalité tous les publics. Pour illustrer cette incohérence, je ne sais pas par où commencer tant les exemples sont pléthoriques. Chaque pays y va de son originalité : ouvrir les stations de ski mais fermer les remontées mécaniques (amassant ainsi les gens dans la ville), les choix farfelus et erratiques entre les commerces essentiels et non essentiels, les couvre-feux à heures variables, dont la fluctuation aléatoire démontre le vide de justification scientifique… tel pays qui ne fait rien, l’autre qui ferme tout et masque les gens jusque dans leur voiture… ce déroutant amateurisme frappe l’occident et provoque une perte de repère pour tous : même les chiffre officiels sont orientés dans le sens de la peur, les annonces faites en dépit de la réalité objective des mesures démographiques. Pourtant, les expertises existent : des statisticiens, formés pour observer la réalité en face, mathématiquement et scientifiquement, donnent un éclairage fort différent de l’alarmisme public et médiatique. De même, des épidémiologistes, formés et expérimentés dans le domaine de la gestion des maladies infectieuses proposent des approches en rupture avec la panique générale… sans être entendus. L’Asie est dans ce domaine un contre-exemple frappant par une gestion efficace et mesurée de la pandémie : leurs résultats sont excellents, en comparaison des nôtres. Dans le monde occidental, ni le savoir, ni la pensée ne sont écoutés ou privilégiés. Une sur-réaction désorganisée s’abat sur les pays, comme la tempête citokynique sur le corps du malade. Le covid ne tue pas la société : c’est la sur-réaction paniquée de la société qui la tue elle-même.

Relativement à cet embrasement sociétal, les médias ont et auront à répondre d’une très grave responsabilité. Au lieu d’assumer leur fonction de chercheurs du vrai, d’enquêteurs au service du public, supposés posséder à la fois une indépendance et un esprit critique vital pour contrebalancer les discours partisans et les propagandes diverses, ces derniers ont abdiqué. Serviles porte-voix des discours les plus paniquant, les journalistes et les organes de presse nationaux n’ont pas pu résister à la tentation du sensationnalisme : la peur fait vendre, la peur asservit et rend dépendant le lecteur, devenu simple consommateur auquel il faut vendre un maximum. Non seulement les médias ont versé dans le sensationnalisme, mais dans un sensationnalisme politiquement correct : surtout, ne pas remettre en cause le discours dominant et protéger ses arrières. Or, ce discours n’est que peur et amoncellement inquiétant d’incohérences patentées. Le courage journalistique et la liberté de parole sont eux aussi morts du covid, dans une proportion bien plus dramatique que celle des morts dans la population. Il suffit d’ouvrir un journal ou d’allumer son téléviseur pour le constater. Dans l’analogie proposée ici entre les effets de ce virus sur un organisme et ce qui nous arrive à un niveau macro, un niveau sociétal, les médias sont les cytokines, ces protéines messagères qui, libérées en trop grande quantité provoquent une inflammation généralisée de l’organisme. Le parallèle avec notre presse qui constamment, quotidiennement, jette de l’huile sur le feu de l’organisme vivant qu’est la société est là, troublant. Les consommateurs de cette presse sont maintenus en état d’inflammation constante, dans la peur, l’angoisse et l’ignorance. La police et l’armée, organes d’autorité dont la fonction est de protéger le peuple, adossés au pouvoir législatif, seraient le système immunitaire. Ce dernier semble bien avoir perdu le contrôle sur sa propre réponse, versant dans l’autoritarisme infantilisant, pour faire appliquer des règles inadaptées au réel. Là encore, c’est l’inflammation qui guette le peuple, la violence de ce qui est imposé aux individus ici et là, dans une cacophonie réglementaire de plus en plus folle, commence à engendrer de la contestation et de la colère… tardives, tant le mal fait au tissu économique et social est déjà difficilement réversible. Comme le patient covid qui arrive en réanimation pour se faire intuber : les dommages sont déjà faits, la réponse vient, trop tard. Les diverses aides sociales, destinées à remettre de l’oxygène là où les gens ont été asphyxiés, sont autant d’intubations qui seront facturées au patient… qui aura survécu : quoi d’autre que l’impôt financera l’endettement de nos états ?

A une échelle plus large encore, sur un plan supranational, l’analogie pathologique fonctionne tout aussi bien. L’inflammation, c’est une réponse en cascade, partant du niveau cellulaire, pour finir au niveau organique. Les cellules s’enflamment les unes après les autres, exactement comme un incendie se propage. Face à sa voisine en pleine poussée inflammatoire, une zone non enflammée de l’organisme tend à ne pas « réfléchir » à l’opportunité ou non de basculer elle-même dans l’inflammation. Elle réagit par mimétisme adaptatif et flambe. Les états font de même et abdiquent toute forme de pensée propre, cohérente, au profit d’une simple réaction d’imitation du voisin. « Si l’autre sur-réagit, je ne peux pas rester sans rien faire, sans quoi la population m’en voudra ». Mélange indigeste de démagogie et de manœuvre électoraliste, mâtiné en sous terrain de cette angoisse de mort qui infiltre tout, dès que l’on parle de ce virus : se surajoute alors une touche de panique rapidement convertie par nos édiles en précipitation réglementaire. Et les journaux de se faire les traducteurs de cette débandade, la convertissant en une saine course à la défense de la santé publique. Le palmarès des pays les plus stricts, les plus répressifs semblant faire office de meilleure garantie de survie de sa population… sauf que les faits sont têtus, et comme l’individu qui ne sur-réagit pas sur un plan immunitaire, les pays ou les mesures sociales et économiques sont les plus modérées s’en sortent le mieux. De la Suède à la Corée du sud, les exemples parlent d’eux-mêmes.

Plan micro : la personne

Dans la rue comme au supermarché, les individus rasent les murs, dissimulés derrière leurs masques. Les regards qui s’échangent sont souvent apeurés et dans les escaliers, les gens font des écarts craintifs, pour se croiser du plus loin possible. Tout le monde devient une menace mortelle pour chacun. Cet état psychologique où la peur se projette à ce degrés-là vers l’extérieur et finit par être le précurseur du rapport au monde s’appelle la paranoïa. Et c’est un état indiscutablement pathologique aux conséquences dramatiques pour le sujet qui en est saisi. Le stress et la tension montent, diverses maladies peuvent se manifester pour exprimer ce mal-être avec soi-même, que l’on projette et déploie dehors, sur toute chose. De simples eczémas en passant par des troubles du sommeil et de l’alimentation, jusqu’à de plus sérieuses pathologies auto-immunes, l’individu devient son propre ennemi « dans le monde » et in fine, dans son propre corps. Ceci sans compter les violences réelles et autres crises d’hystéries que l’on peut observer de plus en plus, autour de nous, dans la rue, quand la peur et la désorientation fabriquent des justiciers et amène certains au passage à l’acte.

Pourtant, la peur comme les diverses sources auxquelles l’individu les nourrit lui appartiennent en propre. Paranoïa, passages à l’acte ou somatisations sont juste le refus de considérer cette responsabilité intérieure et personnelle. L’agression d’un environnement devenu fou renvoie le sujet vers lui-même, l’invite à se regarder « dedans ». Cette descente vers l’inconscient, que la majorité des individus refuse de faire en temps normal ne trouve point meilleur public en temps de crise. Pourtant, le covid 19 est selon moi une très claire invitation à aller dans ce sens. Nous évoqué ce qui se passait au niveau du groupe social, qui préfère l’embrasement incontrôlé à une saine réflexion et nous venons d’évoquer ce que cet embrasement tend à faire à l’individu. Notre virus chinois, comme une confirmation de cet endroit ou nous devons nous interroger, provoque des symptômes qui vont précisément dans le même sens. Je rappelle ici que très peu de gens décèdent de la maladie, quasiment personne avant 65 ans, et que l’effondrement immunitaire mentionné plus haut est l’exception. Pour tous ceux qui, comme moi-même, ont eu cette maladie, elle est une collection de symptôme ennuyeux, mais sans danger. Entre la littérature scientifique qui dépeint ces paysages symptomatiques et ma propre enquête auprès des dizaines de contaminés que je connais ou que je suis en thérapie, la réalité de ce sars-cov 2 est troublante. Une des atteinte signature de ce virus est l’anosmie et l’agueusie : perte du gout et de l’odorat. On mesure mal à quel point ces deux sens président à notre rapport au monde extérieur, nous qui nous sommes éloignés du règne animal pour surinvestir l’intellect. L’odorat est le sens premier, primaire, le plus en lien avec la mémoire (la madeleine de Proust) et avec l’identité. C’est le seul sens que l’on ne peut arrêter volontairement, sauf à mourir d’asphyxie et c’est celui qui dans notre cerveau est connecté aux zones les plus primitives et profondes. L’odorat est donc actif en permanence et sonde notre environnement sans discontinuer. Il nous permet, généralement sans que cela soit conscient, de nous y situer en permettant la différenciation entre ce qui est moi et ce qui ne l’est pas. Ainsi, notre propre odeur, que l’on finit par ne plus percevoir est le point de repère de rapport instinctif au monde. Les dégustateurs de vin le savent : lorsque l’on est saturé d’odeurs, se renifler le creux du coude permet de réinitialiser un peu l’olfaction, en retournant à notre senteur unique et personnelle. Là, avec ce coronavirus, plus rien de cela : tout devient étranger, rien n’est identifiable. Sur un plan subtil et profond, une désorientation s’installe, renvoyant inéluctablement vers l’intérieur, vers un « qui suis-je ? » animal et instinctuel. Bien sûr, cette invitation à regarder dedans pour trouver réponse à cette question peut aussi aboutir à un effet inverse : tout devient étranger, étrange et potentiellement menaçant, puisqu’une part de ce qui nous permet de lire le monde nous est retirée. Paranoïa systémique, presque fonctionnelle, en toile de fond d’un paysage grippal déjà désagréable. D’autant plus qu’avec l’odorat, le goût disparait lui aussi. Une des fonctions primaires de réassurance et de compensation dans le rapport au monde, le manger et se faire plaisir en mangeant, nous est à son tour retiré. Finies les compensations gustatives, le petit verre de vin ou le morceau de chocolat qui remonte le moral. Tout n’est que plâtre et liquide insipide. Mon identité olfactive m’échappe et je ne peux même plus jouir de déguster les bonnes choses de mon environnement. Confiné et ainsi coupé des fondements de mon rapport au monde, autant dire que seule l’intériorité me reste à explorer… pour ceux qui sont à même de supporter ce voyage-là. Pour la majorité des humains comme pour l’ensemble de la société moderne, le retour vers l’inconscient est une abjection abhorrée. Tout est plus enviable que de regarder dans cette atroce boite noire cachée dans les tréfonds de nos êtres. La société de consommation étant entièrement fondée sur cet état de fait : achetons, accumulons volontairement des choses dehors, pour éviter ce qui en nous, existe hors de notre contrôle.

La symbolique, la médecine chinoise et la connaissance moderne en biologie fonctionnelle et en anatomie confirment de concert le domaine concerné par cette pandémie : l’identité, à quelque échelle que ce soit. En effet, toute la zone ORL, zone privilégiée dans l’attaque du covid, est le siège de l’identité. Nez, gorge et poumons sont en fait constitués de peau. Une peau spécialisée, mais une peau tout de même. Ainsi, la zone principale de contact que nous avons avec le monde est intérieure, la surface des poumons, si on la mettait à plat, étant largement supérieure à celle de notre épiderme. Là où je finis et là où le monde extérieur commence se joue dans la zone ORL. Or, l’humanité est dans une nécessité urgente de se poser cette question de l’identité : les individus vont mal, obésité, cancers et autres troubles psychologiques déferlent dans la population et notre environnement naturel n’a jamais été aussi dégradé, menacé par… nous-mêmes. « Là où je finis et là où le monde extérieur commence » est donc une réflexion qui n’a jamais été aussi nécessaire et pressante. Voici qu’un petit virus nous donne à vivre, dans nos corps d’individus et en tant qu’espèce, ce retour brutal vers ces considérations refoulées par nos progrès techniques et nos choix de société. Peut-être devrions-nous écouter la nature et ce message puissant qu’elle nous adresse.

Les solutions de l’humanité : la fuite en avant, mais plus vite et en klaxonnant

Écouter le message de la nature ou l’invitation de psyché à considérer nos profondeurs est clairement à l’antithèse de la réalité de notre société moderne. Plutôt que de se calmer, de regarder en elle-même, de penser et de croître, l’humanité a décidé de foncer à l’aveugle, dans la direction qui lui semble être la plus facile et la plus simple. C’est le modèle du fast-food et, si on prend un peu de recul, de toute la société de consommation : combler le manque, satisfaire le besoin, mais au plus vite, en évitant tout effort et toute forme de réflexion à court, moyen ou long terme. Le client-consommateur ne doit surtout pas décrocher et partir, il faut donc lui éviter tout inconfort et tout embarras. Pour ce qui est du fast-food, on sait parfaitement les effets sur la santé de ce genre d’alimentation… le changement d’échelle n’est pas plus rassurant tant la course consumériste de notre société post-moderne semble rendre notre planète aussi malade que ceux qui abusent des hamburgers. Avec le coronavirus, le manque à combler, le besoin à satisfaire est de se rassurer face à l’angoisse de mort, dont j’ai parlé dans mon précédent article « coronavirus, l’invisible ennemi ». Si nous sommes prêts, en tant qu’espèce, à détruire notre santé dans la malbouffe pour combler une fringale, imaginez ce que la peur de mourir pourra nous faire faire !

Après avoir compté et publié quotidiennement les chiffres les plus anxiogènes des morts et des contaminés, nos médias comptent maintenant les vaccinés. X millions dans tel pays, tant de personnes injectées aujourd’hui ici, l’ONU qui demande un vaccin universel et des classements des meilleures nations vaccinatrices, voici notre nouvelle boussole face à la crise, inventée par les médias et des gouvernements ne sachant plus à quel saint se vouer. Ces annonces misent sur le fait que pour la population, un vaccin est un mur, un rempart qui protège et donc éradique les maladies. Nous avons réglé son compte à la rage et à d’autres terribles affections, et nos millions de vaccinés sont perçus comme les soldats en passe de faire de même au coronavirus. Sauf que, de l’aveu même des laboratoires qui les produisent, aucun de ces vaccins n’empêchera ni d’attraper la maladie, ni de la transmettre. Exactement comme le vaccin contre la grippe n’a eu strictement aucun effet sur l’existence du virus influenza et ses variants malgré près de 70 années d’usage. L’emploi même du terme vaccin est ainsi à questionner : dans toutes les définitions que l’on peut en trouver, un vaccin possède deux éléments déterminants : il doit y avoir un agent pathogène (qui provoque une réaction immunitaire) et cela doit conférer une immunité. Là, pour les vaccins à ARN messager, il n’y a pas d’agent pathogène, mais de la thérapie génique expérimentale sur laquelle on ne possède aucun recul. Et sans avoir de recul, on sait pourtant une chose, qui est que ce produit ne confère pas d’immunité face au covid 19. Les chiffres de personnes vaccinées testées positives commencent à confirmer ceci. Au mieux l’injection protègerait des formes graves de la maladie, selon les informations fournies par les laboratoires eux-mêmes. Ni pathogène, ni immunité, le vocable de vaccin est une erreur langagière ou une manipulation visant à rassurer à tout crin, même si la réalité et la vérité y passent. Je suis un observateur de faits et des données disponibles. J’espère que la technologie ARN sera une clé sûre et efficace de la médecine de demain. Mais pour l’instant, nous n’en savons rien, si ce n’est qu’elle ne constituera pas le rempart contre la maladie tant attendu, croyance induite par l’emploi du mot vaccin. Ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est la mécanique psychologique qu’elle révèle : rassurer à tout prix et dans l’affolement… quitte à travestir le vrai. Une fois encore, l’inconscient est méprisé, au profit d’une réassurance rapide et « peu chère » sur un plan conscient. Pourtant tout le monde sent bien que quelque chose ne va pas, que les discours ne correspondent pas à la réalité et que cette réassurance… ne rassure pas tant que ça, en fait. Pour ou contre les « vaccins », pour ou contre les mesures aléatoires et décousues de restrictions, là n’est pas le problème : en niant l’angoisse de mort, moteur fondamental de cette crise, on lui confère une dangereuse toute puissance. La lâcheté et l’éparpillement, la complaisance exclusivement réactionnelle (on ne pense plus, on réagit) des dirigeants et des médias en sont la triste conséquence. Le réagir bloque l’agir, qui lui réclame une réflexion, du calme. Exactement comme l’immunité qui réagit trop à ce virus. La leçon à tirer se trouve là, dans la cohérence entre les échelles, entre le macro et le micro, entre le champ sociétal et le vécu individuel. Réintroduire de la mesure et de la pensée, dans cette cohue paniquée et paranoïaque. Comme ça a été le cas dans la plupart des pays d’Asie et comme le prônent depuis le premier jour quelques experts européens trop isolés. Que ce ne soit pas le délire collectif qui finisse par faire date dans l’histoire, mais notre capacité en tant que groupe à réguler nos peurs, à regarder dans l’angle mort de nos angoisses les plus primitives… et à agir en conséquence, condition sine qua non de la préservation d’un nombre important de vies humaines.

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Coronavirus, l’invisible ennemi https://centre-colibri.ch/coronavirus-linvisible-ennemi/ https://centre-colibri.ch/coronavirus-linvisible-ennemi/#comments Tue, 05 May 2020 08:44:38 +0000 http://centre-colibri.ch/?p=390 Phénoménologie psychanalytique de la pandémie

La crise liée au coronavirus a provoqué un électrochoc inédit dans nos sociétés modernes. En tant que psychanalyste, j’ai pu poursuivre une bonne partie de mon activité par téléconsultation malgré les mesures de confinement appliquées, avec un accroissement notable du soutien aux personnels soignants. Cela m’a donné une fenêtre d’observation privilégiée sur cette pandémie et plus spécifiquement sur ses effets sur l’âme humaine et sur psyché. Certes, ces conséquences varient grandement selon les individus et selon les situations, mais sur un plan symbolique -et donc groupal- certaines corrélations sont observables.

Il est important de noter, dans ce propos liminaire, que soignants comme non soignants se retrouvent à parfaite égalité, en matière de souffrance psychologique. Sans doute le stress des thérapeutes exposés à la maladie et aux flux de gens en plein effondrement physique ou émotionnel est-il un peu plus élevé, mais la différence reste anecdotique, sur un plan intrapsychique : l’âme humaine souffre à l’identique, sans hiérarchisation possible. De ces multiples faisceaux de symptômes et de manifestations, le psy que je suis peut tirer des hypothèses relatives à leurs origines et éventuellement proposer des pistes d’analyses utiles, je l’espère, tant à l’orientation de l’accueil et du soin des personnes touchées, qu’à la compréhension des enjeux psychiques et situationnels. Cet article cherchera à proposer un éclairage sur ces diverses facettes psychologiques, symboliques et sociétales du choc lié au covid 19.

La trouble nature du virus et son impact psychique

Un ami médecin m’a dit un jour que l’on parlait des virus comme si l’on savait ce qu’ils étaient, alors que leur nature demeure principalement un mystère. A cheval entre le minéral et l’animal, pas vraiment vivant tant qu’ils n’infestent pas une cellule, les virus, alors que l’on est familiarisés avec leur existence, appartiennent à un règne à part dans le monde du vivant. Le débat sur la nature des virus reste ouvert et évolue régulièrement au fil des publications scientifiques. Il n’en demeure pas moins que le Covid 19, s’il possède un nom et s’il a été observé, reste un ennemi d’une forme qui nous est si étrangère que de ce point de vue déjà, il est le support possible de toutes les fantasmagories. Sorte d’étant primal, pour ne pas dire primitif, originel et préexistant à la vie organique complexe qui nous caractérise. Sans nous égarer dans ce débat infini, une bonne manière d’illustrer cette étrangeté qui nous perturbe est de considérer sa taille. Exactement comme l’univers qui est « très grand », un virus est « très petit ». Ces simplifications masquent mal le mur conceptuel que ces échelles de dimension sont : elles nous dépassent, nous perdent. Pour parler des virus, citer les chiffres échelonnant la taille de ces micro-organismes, entre 10 et 400 nanomètres, n’aide en rien. Un nanomètre est un milliardième de mètre, et le cerveau humain bute déjà sur la notion de milliard, insaisissable du point de vue de la représentation. Nous voici donc face à un ennemi invisible, dont la taille échappe à toute figuration humaine intelligible. Un mystère, mais pas seulement. Le peu que l’on en sait s’exprime dans un registre anxiogène : il s’agit de quelque chose qui existe et se développe de manière autonome en nous, qui ne peut vivre qu’en nous, de nous et qui se comporte de manière menaçante et primale. Pour le psychanalyste que je suis, ces dernières lignes pourraient tout à fait être celles d’une définition acceptable de « l’inconscient » selon Freud, voir même plus précisément celle de « l’ombre », selon CG Jung : « L’ombre est quelque chose d’inférieur, de primitif, d’inadapté et de malencontreux, mais non d’absolument mauvais. » (dans l’Âme et la Vie). Le coronavirus est bien une malencontreuse rencontre biologique et il ne possède rien de mauvais « en lui-même ». Il se contente d’exister et de faire ce que font les virus, ce qui dans notre cas provoque des symptômes problématiques… alors que nous évoluons au milieu de milliards d’autres virus et bactéries aux manifestations neutres où même bénéfiques.

Les éléments expliquant l’impact psychique de la nature du virus sont ainsi réunis. La plupart des individus ont entendu parler de la notion d’inconscient. Pour une majorité de ceux qui ont un peu compris ce qu’il en était, ce dernier a été soigneusement évité, refoulé hors du champ conscient car trop inquiétant, inconfortable : quelque chose en moi, plus puissant que ma volonté, agit potentiellement contre moi, peut m’amener à ma perte et cette chose est quasiment impossible à se représenter et à percevoir en tant que telle. On ne peut qu’en constater les effets, l’expression… éventuellement les symptômes. On parle de l’inconscient, mais ces mots pourraient tout aussi bien parler du coronavirus. Les traits et caractéristiques propres aux deux se recoupent d’une manière troublante.

A notre époque tout est facilement « psychologisé » et l’engouement pour le psy se lit dans les magazines qui pullulent comme dans les cellules d’aide psychologique qui éclosent au moindre accroc, au moindre choc, comme la nécessaire réponse à toutes les turpitudes de la vie. Tout était psy et maintenant tout est covid ! La différence majeure, c’est que si l’inconscient peut être volontairement ignoré, nié même, qui sur Terre peut échapper à l’existence du covid 19 ? Ce virus impose (à notre insu) l’inconscient comme seul horizon, comme seul sujet. Il nous met ainsi face à « ce que l’on maintient caché à grands frais tout au long de nos vies ». Il est presque représentant de l’inconscient et de sa part d’ombre, VRP infatigable qui œuvre sans relâche. Il agit comme révélateur ou miroir, nous confrontant aux pulsions et angoisses enfouies dont la plus diffuse, la plus omniprésente et la plus refoulée, la maîtresse de toutes les angoisses : l’angoisse de mort.

L’angoisse de mort

Toutes les épidémies et autres pandémies ont touché au rapport de l’humanité et des individus à la mort, tout comme l’existence des virus et autres agents pathogènes invisibles ne date pas d’hier. Pourquoi donc affirmer aujourd’hui ce parallèle entre le coronavirus et l’inconscient, et le ramener à l’angoisse de mort ? Bien sûr, ce rapport aurait pu être établi plus tôt dans l’histoire. Mais jamais, depuis que l’homme est confronté aux vagues de maladies qui le frappent, les éléments précipitant l’effondrement psychique et sociétal n’avaient été poussés si loin qu’en ce début de XXIème siècle.

Tout d’abord, la société moderne consumériste, dans sa quête infinie de croissance, détruit l’environnement et la biodiversité avec une méthode et une efficacité jamais atteinte. Ce drame écologique, que les experts considèrent comme la source même du déploiement de la pandémie, est né de l’appétit croissant des pays riches en termes de consommation. Or la consommation à outrance est une réponse à cette atavique angoisse de mort qui caractérise l’homo sapiens. Les publicitaires et les directeurs marketing utilisent ce levier parfaitement, vous convainquant que le bonheur -donc la fin de la peur face au trépas- réside dans un baril de lessive ou un téléphone portable. En conséquence, nous mangeons n’importe quoi, rendant nos corps malades. Nous regardons n’importe quoi, abrutissant plus encore nos cerveaux embrumés de sucres, de chimie et de graisses. Nous consommons n’importe quoi, tant que cela nous offre la distraction qui nous détourne de notre difficile condition d’Hommes. Les grands laboratoires mangeant la plus grosse part de ce gâteau en nous fournissant antidépresseurs, anxiolytiques et autres antalgiques addictifs par millions de tonnes. N’importe quoi plutôt que de penser, que de faire face à nos souffrances, que de confronter nos peurs… et en contrepartie d’apprendre, de grandir au feu de l’expérience positive mais aussi négative qu’est la vie.

Le coronavirus est l’ombre qui nous parle, l’angoisse de mort qui s’impose à nos consciences avec une violence proportionnelle à celle avec laquelle on l’a ignorée. L’éloignement de nos anciens et la dissimulation de leur décrépitude et de leur mort dans des EMS ne fait pas disparaître le fait qu’un sort biologique identique nous attend, inéluctable. Cette pandémie, frappant avant tout nos vieux, nous réintègre au forceps dans cette réalité humaine de finitude existentielle. Nous ne saurions échapper ni à la mort, ni à la vieillesse. Notre chirurgie esthétique et ses liftings, charcutage inutile, stérile, des traits d’un visage porteur de son histoire, n’aura pas fait illusion longtemps. Notre industrie du divertissement et du tourisme de masse, vecteur principal de la contamination mondiale par ses déplacements insensés, au nom du droit aux vacances et à l’oubli de la dureté de jobs vides de sens, n’aura pas non plus effacé notre statut de fragiles mortels. Au contraire, au travers de ce virus qu’elle aura disséminé efficacement de par le monde, elle le révèle avec brutalité. Voici que l’objet contraphobique usuel, la recette qui nous a été inculquée depuis des décennies, pour supporter cet état de fait, je parle de notre sacro-sainte liberté de consommer tout ce que l’on veut (et peut) se payer, nous est de surcroit retiré. La pire de nos angoisses ontologiques est brutalement libérée, révélée à nos yeux effarés et les artifices par lesquels nous la contenions à distance respectable nous sont confisqués. Réveil brutal d’une humanité endormie dans le mythe sans cesse rabaché de son immortalité. Tous les super héros d’Hollywood n’y pouvant plus rien, leurs étonnants pouvoirs ne sachant plus, dominés par la puissance d’un pauvre virus, nous faire oublier que nous allons tous mourir (un jour) et que nous en avons peur.

Le confinement ou le retour dans la matrice

L’inconscient qui s’incarne dans un microorganisme comme Dieu s’incarna en Jésus, l’angoisse de mort qui devient notre pain quotidien, il ne nous manquait plus qu’une église, cocotte-minute permettant la cuisson de ces ingrédients… sous pression. C’est très précisément la fonction qu’a eu le confinement.

Isolé, enfermé dans son « chez-soi », seul ou en famille, chacun s’est retrouvé confronté aux deux instances décrites plus haut. Je précise bien qu’être seul ou à plusieurs (colocataires ou proches) ne change rien à l’affaire. Passées quelques semaines de cloître, tout le monde voit émerger son univers intérieur et des questions d’ordre plus ou moins existentiel. Il faut dire que cette menace mortelle, celle-là même qui semble détenir la capacité de mettre fin à notre existence, nous plonge dans le paradoxe de nous renvoyer aux conditions de notre naissance, par le confinement. Enfermés dans notre cocon plus ou moins confortable, plus ou moins accueillant, attendant que les circonstances de la maturation d’une situation indépendante de notre volonté nous permettent de sortir, que l’autorité qui sait mieux que nous ne nous délivre, ne sommes-nous pas de retour dans la matrice ? Nous voici ramenés à des fonctions biologiques vitales, manger et dormir, mais également invités par l’enfermement avec nous même à nous regarder le dedans comme le dehors. Rester à demeure, c’est étymologiquement « tarder, passer un certain laps de temps ». Ce temps finit par user nos représentations de nous, nos compromis, nos complaisances comme nos idéalisations ; et la vérité de notre nature émerge. Ce qu’elle porte de meilleur et de moins glorieux s’impose encore et encore à notre sagacité de reclus. Les lignes de fuites, séries télés et autres apéros online ne trompent psyché qu’un temps et finissent toujours par souligner notre solitude et notre mal-être, celui des circonstances, mais aussi tous ces maux que nous avions dissimulés sous le tapis de la conscience. J’observe ainsi de véritables effondrements psychiques, des décompensations de tous ordres qui, s’ils sont récupérés dans un suivi analytique nourrissent puissamment le cheminement thérapeutique. La régression dans la matrice ouvre la régression vers psyché et/ou vers un passé oublié, rendu inaccessible par la course folle de la vie moderne. Là, les casseroles nous rattrapent, invitant à la grande vaisselle existentielle. Ou à la chute violente, pour ceux qui ne peuvent faire face à l’insupportable de leur ombre : ceux-là sont enfermés avec leur pire ennemi. Le brutal sevrage des toxicomanes illustre cette situation avec force. Se retrouver confronté au syndrome de manque et aux douleurs psychologiques terribles que les drogues tentaient d’étouffer est une « expérience limite ». Le taux de suicide dans ces populations a bondi avec le confinement, mais le drame ne guette pas seulement ces populations facilement stigmatisées. Accro au travail, accro au sport, accro au shopping ou accro au sexe, les multiples dérivations à la souffrance que les humains savent s’inventer pour traverser le temps d’après la naissance, tombent. Mais au lieu d’un retour vers l’idéalisée matrice originelle, décrite dans le mythe du paradis perdu, notre virus de Chine les réexpédie dans leur matrice, celle-là même qu’ils fuyaient par ces divers moyens. Ne dit-on pas « mon intérieur » pour décrire son logement. L’intérieur de l’être, l’âme et sa nature inconsciente se referme aussi sur eux. Blessures de l’enfance et manques affectifs redeviennent incontournables, les rattrapant comme un tsunami face auquel ils n’ont plus ni moyens, ni latitude pour fuir. Si le psychanalyste y voit un inestimable cadeau, une occasion extraordinaire de comprendre et de croître, la majorité des gens rejettent cette mécanique de l’ombre, ne désirent pas rencontrer leur inconscient et n’y perçoivent que de l’inconfort. Or, le confort, l’absence de contrainte et d’effort sont les chevilles ouvrières de notre monde post-moderne consumériste. Bien entendu, les thérapeutes, psy et autres, savent que le chemin ne peut se parcourir sans efforts, sans intégrer les difficultés au périple et donc, sans un certain inconfort. L’acceptation de cette réalité caractérise l’âge adulte et la maturité, ce qui amène à se questionner sur le genre d’individus que notre société fabrique. Tout plutôt que savoir, tout plutôt que souffrir, tout plutôt qu’accepter la dure réalité de notre fragilité de mortels.

Quoi qu’il en soit, la pression monte avec le temps de réclusion. Dans la matrice, le fœtus grandit, son espace s’amenuise, il baigne dans un liquide amniotique qui se dégrade avec l’accumulation de ses propres déjections. Pour ceux qui auront travaillé sur eux-même, employant cette épreuve pour mieux se connaître, la naissance sera vraiment libération. Parmi mes patients, j’observe de vrais bonds thérapeutiques, de vifs progrès, acquis à grands frais mais d’une inestimable valeur. Ils sortent de la matrice en y ayant pris le temps -et fait l’effort- de croître. Par ailleurs, je constate aussi que bien des gens nient l’épreuve et s’extraient du confinement en prétendant n’être pas affectés. Ceux-là ont généralement le regard hébété de celui qui n’est pas sûr d’être bien réveillé et se demande si le rêve (ou le cauchemar) se poursuit. Bien entendu, la société de consommation les remettra vite sur pieds, leur proposant le nouvel achat qui enfin, leur permettra de laisser cette épreuve absurde derrière eux et leur offrira le vrai bonheur. Le lecteur aura compris, dans ma légère exagération, que le retour de cette population à la vie normale m’inquiète plus qu’il ne me réjouit et me laisse à penser que peu de fruits seront tirés de cette mémorable expérience. A moins que ces fruits n’aient une valeur fiduciaire et puissent se monnayer sur une place boursière.

Nation et gouvernants face au covid 19, un cas d’école œdipien

Lorsque l’on évoque le complexe d’Œdipe, on se réfère à une triangulation entre l’individu et ses parents. Père et mère sont donc, dans cette représentation de ce qui fonde un être, une abscisse et une ordonnée auxquelles il se trouve soumis. Ne pouvant échapper à cette appartenance biographique, les sujets humains portent tous en eux l’empreinte de ces matrices maternelles et paternelles et y réagissent, s’y adaptent instinctivement, pour ne pas dire inconsciemment. L’expérience du coronavirus et du confinement possède certaines de ces caractéristiques symboliques et à ce titre mobilise psyché sur un plan collectif comme personnel.

Le groupe social, le peuple, la nation, masse vivante et mouvante, accueillante ou inquiétante contient et définit en partie l’individu. Elle est une entité archétypale, dont la majeure partie des traits appartiennent au registre maternel. Ne dit-on pas la mère patrie ? Le second terme de cette expression, patrie, provient du mot père et pourtant nous verrons plus loin que ce n’est pas non plus de ces derniers que jaillira la lumière. Cette immense matrice maternelle, constituée de tous les liens avec chacun de ses enfants, induit un sentiment d’appartenance (ou de rejet), mais dans tous les cas participe peu ou prou à l’identité de ses membres.

Associée à cette figure de mère qui porte en partie son nom, se trouve donc celle du père, constituée des gouvernants et des organes décisionnaires. Entité paternelle supposée protéger et imposer la loi pour le bien commun, posséder une juste et saine verticalité et surtout, une capacité de discernement et de prise de décision à la fois logique et efficace où le bon sens à la part belle. Une gouvernance « en bon père de famille » dirait un juriste. On appréhende aisément les fonctions d’accueil et d’intégration de la figure de la mère-nation et celles de régulation et de protection de l’entité père-gouvernants. Ce binôme donne à vivre une expérience très particulière aux gens, aux citoyens, en cette période de pandémie. L’analyse qui suit concerne particulièrement les pays qui me sont proches, c’est-à-dire la Suisse et la France, mais aussi l’Italie et l’Espagne, dont la culture comme les choix stratégiques face au covid 19 sont très similaires.

En psychanalyse, le rapport aux parents est une thématique incontournable et récurrente, tant la petite enfance et l’établissement de la personnalité et des structures psychiques sont au cœur de notre pratique. Là, la crise du virus et les mesures d’exception (confinement, fermeture des commerces, distance sociale…etc.) qui l’accompagnent donnent, au niveau collectif à revivre -généralement sans en avoir conscience le moins du monde- certaines de ces modalités œdipiennes. Dans cette situation extraordinaire, la mère nation doit protéger ses enfants, le peuple. S’impose alors à tous le confinement, l’enfermement chez soi, sans distinction de race ou de rang social, dans une intégration des individus dans un agrégat indifférencié. Pour réguler son angoisse, notre mère protectrice se fait donc ogresse et digère chacun de ses enfants, les avale tout crus, les précipitant dans une régression vers la matrice, l’utérus de leur habitation. Tous égaux dans le nivellement par le bas de leurs libertés, tous bloqués dans un état végétatif, nourris au cordon ombilical de la télévision et des quelques emplettes autorisées. Cette situation peut faire écho aux relations vécues auprès de mères abusives, dictatoriales ou simplement envahissantes (notamment de la sphère privée, intime). Dans tous les cas, une des signatures de ces mécaniques d’abus est que la mère « mange » son enfant pour son bien, parce que c’est mieux pour lui. Relation fusionnelle antithétique de l’individuation, ces mères toutes puissantes à la -plus ou moins douce- emprise sur leurs rejetons laissent des traces, des blessures au plus profond des structures psychiques inconscientes. Ces failles du rapport à la mère commencent à se mettre en place dès la vie intra-utérine et sont à ce titre quasiment intégrées à la personnalité et aux structures psychiques fondamentales. Elles sont de ce fait extrêmement difficiles à atteindre, dans le travail analytique. Le confinement exigé, imposé à la personne par la mère-nation ogresse, créature d’une dimension et d’un pouvoir que nul ne peut éclipser, renvoie la personne infantilisée dans la matrice. Vers sa matrice. En téléconsultation remontent chez les patients des interrogations sur des fondamentaux relationnels, sur l’attachement et le lien, autant de réalités psychiques véhiculées et transmises principalement par la mère. Les rêves témoignent eux aussi de ce retour sur cet endroit du Soi et offrent des éclairages vivides sur l’imprégnation infantile du rapport à la mère. Or, c’est aussi à cette époque de la fondation du moi, dans la première décennie de l’infant, que l’angoisse de mort de la mère, ou plus précisément son pendant, la peur de la non-existence, se transmet. Sous l’emprise de la mère qui -inconsciemment- projette toutes ses peurs sur lui (tu vas te faire mal, tu vas prendre froid… bref, tu peux mourir) pour le protéger, l’enfant intègre cette part d’ombre exogène dans son inconscient. Nous avons évoqué l’angoisse de mort et sa résurgence actuelle. Cet étrange rapport à la nation qui nous veut du bien en nous faisant du mal s’inscrit dans le même registre. Celui qui le souhaite est invité à des prises de conscience qui auraient été ardues à réaliser autrement, revivant dans son quotidien les circonstances symboliques de sa blessure. Cependant, la majorité des gens ne veulent absolument pas se confronter à ces émotions, à ces souvenirs, à ces meurtrissures. Moins encore dans l’inconfort déjà marqué du confinement. C’est leur plus strict droit, même si les effets de ce complexe réactivé par les circonstances se font tout de même sentir : entre sidération ou accélération de la fuite, somatisation et dépression.

Je mets ici l’accent sur les effets pathogènes du confinement et sur leurs ramifications symboliques. On peut tout de même noter que le sentiment d’appartenance, l’immersion dans cette mère-matrice produit aussi quelques bonnes choses : solidarité et entraide sont par exemple des manifestations de la conscience positive du lien, tout comme les applaudissements des personnels soignants signent la reconnaissance de « ce qui prend soin » dans le groupe social qu’est la nation. En même temps, les soignants assument officiellement et très courageusement cette fonction maternante de portage des angoisses et de réassurance. Il est peu surprenant que depuis leurs cocons, leurs matrices, les gens acclament cette dévotion qui fait écho à celle d’une maman bienveillante.

Dans l’Œdipe, l’envahissement potentiellement phagocytant de la mère est supposé être tempéré par le père. Ici, nos gouvernants imposent en effet la loi, mais semblent avancer au petit bonheur la chance, montrant un visage instable, pour ne pas dire incohérent. Subitement forcés à endosser ce rôle normatif de père, nos dirigeants se retrouvent eux-aussi confrontés à leurs propres limites internes et aux mêmes angoisses que tous les autres humains. Dommage qu’ils n’aient eu plus de hauteur relativement à la situation et plus de profondeur vis-à-vis d’eux-mêmes. Dissimulations, communication qui se contredit d’un moment à l’autre… l’inconstance et l’évident manque de perspective et d’expertise de ces pères laisse aux citoyens un goût amer d’incompréhension. Ils se font complices de la mère ogresse, restent flottants, à la dérive et livrent les enfants sur un plateau. Au lieu de trancher et de décider, avec courage. En conséquence, les mesures prises semblent de plus en plus injustes, pour ne pas dire inadaptées à la réalité, et l’État qui devrait être le père normatif qui rassure se mue en père fouettard qui inquiète. Pour affirmer ce pouvoir chancelant et ces décisions aux fondations branlantes, les autorités usent donc d’autoritarisme. Répression policière, amendes, course paranoïaque au durcissement des règles juste pour durcir, pour tenter de montrer sa détermination (où de s’en convaincre)… nos décideurs jouent dans cet Œdipe le rôle de père abuseur, brutal et autocentré, de plus en plus éloigné de sa progéniture. Cette dernière développe progressivement à son encontre une méfiance et un désaveu, tout en se soumettant à sa loi inique, pour limiter les conséquences mauvaises. Le fond du problème, la régulation d’une pandémie et la préservation de la santé, devient secondaire aux angoisses que ces pères défaillants provoquent : peur de la punition disproportionnée, de l’injustice, des réactions arbitraires et pulsionnelles.

La combinaison des deux facteurs, père-état et mère-nation imposant un retour à l’Œdipe, conscient ou non, accepté ou non, ouvre des champs exploratoires infinis. D’autant plus que le confinement en donne le temps ! Plus que de le donner, il l’impose. L’introspection est là, qu’on le veuille ou pas. Les gens revivent ou revisitent des violences réelles de leur passé, se remémorent des enfermements vraiment vécus psychiques où physiques, des abus refoulés, des contraintes et tyrannies qu’ils ont subies.

Le bonheur variable avec lequel les individus réagissent à ce grand bain psychique, à l’irruption de psyché et de des angoisses refoulées semble confirmer cette hypothèse. Que l’analyse proposée vous parle ou qu’elle vous rebute, nul ne nie la souffrance psychique engendrée par la situation. Pour réagir à cette souffrance, les gens ont trouvé un moyen nouveau, logiquement régressif lui-aussi : les réseaux-sociaux.

L’enflammement des réseaux sociaux : une réponse contraphobique

Ce qui se lit sur les pages des divers réseaux sociaux que compte internet témoigne d’une tendance assez universelle : l’être humain éprouve le besoin de s’exprimer, plus encore lorsque sa liberté de mouvement lui est retirée. Comme évoqué plus haut, les modalités de ce retrait étant particulièrement anxiogènes, la reprise en mains de « ce que je dis au monde » donne une rassurante illusion de maîtrise. De maîtrise de quelque chose dans ce brouhaha mortifère, d’une chose qui affirme visiblement que j’existe. Double bénéfice qui explique le déferlement de points de vue, de partages et de conflits, online. Pourtant, l’illusion existentielle se la dispute à l’illusion de maîtrise. Le « moi je… » sur Facebook est aussi productif qu’un passage aux toilettes : on y dépose quelque chose d’encombrant, mais cette fois, sur la place publique. Paroles et opinions noyés dans une masse, nouvelle matrice pseudo-maternelle où tout est permis. L’image des toilettes ci-dessus dit bien à quel niveau se situe le rapport à la mère : au stade anal du développement de la personnalité. Fétides trésors déposés dans l’urne, attendant d’être « likés » par maman. Dans tous les pays riches, l’inattendue et pathétique ruée des sociopathes du papier toilette, prêts au besoin à se battre avec quelques concurrents trop enthousiastes pour obtenir ce bien de toute première nécessité face à la mort par arrêt respiratoire, démontre par le ridicule cet état régressif préoccupant. Je ne développerai pas plus tant chacun aura compris que cette réponse virtuelle, égocentrée et infantile est non seulement stérile, mais détourne des vrais enjeux, intérieurs et psychologiques. C’est sans nul doute pour cette raison que ce moyen de tromper la peur (et l’ennui) connaît un tel succès.

Pourtant, on ne peut pas non plus enlever à internet la capacité de répondre au vide d’information et de sens imposé par les médias, vautrés dans un catastrophisme trop vendeur pour y résister. Vide d’information et de sens qui semble être soit l’outil, soit l’état de nos politiques oscillants. Encore faut-il que dans la jungle du net, celui qui cherche des réponses ait la capacité de les trouver, puis de trier et de discerner.

Pour conclure, je dirai simplement que si cet article souligne certains aspects pathologiques de la situation liée au covid 19, j’espère que vous y aurez aussi lu la chance incroyable qui nous est offerte. Certes, chance de repenser notre modèle de société et notre rapport à l’environnement et à la nature, mais pour ce qui concerne le psychanalyste, chance d’atteindre et de travailler des fondamentaux profondément enfouis dans l’inconscient. Comme je l’ai évoqué, je constate, parmi mes patients, de véritables sauts quantiques, progressions inopinées et inespérées au regard des temps troubles et de la distance imposée dans le travail par la téléconsultation. Pourtant, les faits sont là et de mémoire de thérapeute, je n’ai jamais vu telle densité de catharsis et de prises de conscience majeures en si peu de temps. Sur un mois, il s’agit de près d’un quart des patients, ce qui est une proportion extraordinaire. Il y a aussi quelques aggravations, notamment sur les profils obsessionnels et certains borderline, mais les psys savent tous que si les chutes sont légions, les progrès essentiels sont de précieuses raretés acquises de haute lutte. Je préfère donc me focaliser sur ces derniers.

La nature respire de nouveau, avec la cessation des activités humaines. Plantes et animaux déploient leur fertile beauté, en ce début de printemps 2020. L’âme humaine semble étroitement liée à cette réalité et la floraison des avancées psychiques suit le même mouvement. De ce point de vue-là -et j’ai conscience de parler d’une exception- la crise du coronavirus aura été bénéfique.

Damien Halgand-Moreau

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